TAFLIST II
- 4 janvier au 14 février 2005
VOIR
LES PHOTOS de l'expédition et lire la "Lettre
d'ALGER"
Informations générales :
Nous avions plusieurs missions humanitaires à effectuer tout au
long de notre périple.
Départ de Marseille le 4 janvier 2005 - ALGERIE –MALI
– MAURITANIE –– MAROC- Espagne et retour en
France le 14 février 2005 (au lieu du 10 comme prévu !)
- 12 personnes, cinq 4x4 et le magnifique camion rouge de l’Association
conduit par notre guide François.
ETAPE I : ALGERIE
François
avait contacté le Croissant Rouge Algérien dont l’efficacité
nous permit de rentrer en Algérie, sans ennui. Après contrôle
des "dons" dans le camion et des différentes démarches
administratives, le Croissant Rouge mit des policiers à notre service
afin de nous faciliter la traversée d’ALGER et nous amener
à ZERALDA. Seul bémol, nous notèrent l’absence
d’Azzedine, notre guide. Plus tard, nous apprendrons par téléphone
que, jugeant sa présence inutile suite aux événements
de BISKRA , son intention était de nous rejoindre à Ain
Sefra. Un peu plus tard, toujours par téléphone, l’ONAT
(office national algérien du tourisme) lui transmit une autre mission
jugeant que sa présence n’était désormais plus
requise (Nda :toujours suite aux événements de Biskra)
MISSION ZERALDA en ALGERIE : remettre
des fauteuils roulants à l’Association des Handicapés
Moteurs de ZERALDA (à côté d’Alger) présidée
par M. BOUJEMAA Rachid.
Notre ami Rachid nous avait réservé des chambres dans un
hôtel voisin et demandé à son sympathique beau-frère
Boualem de nous servir de guide… et celui-ci ferma tout simplement
son commerce (bureau de tabac) pour nous aider, faut le faire !!
L’accueil algérien comme de bien entendu fut à la
hauteur de sa réputation d’hospitalité et de chaleur.
Rachid , notre ami paraplégique est un homme plein de vie. Avec
son épouse et son beau-frère , ils nous offrirent un succulent
couscous pour nous remercier de notre geste. Croyez-moi, malgré
le froid qu’il faisait alors dans son patio, son sourire nous fut
la plus belle des récompenses.
Le
Rêve de François : découvrir enfin KOURDANE, le palais
d’Aurélie Picard, l’héroïne de "Djebel
Amour» (Frison Roche). Nous avons eu la chance de rencontrer le
bâtonnier d’Alger grâce auquel nous pûmes visiter
ce palais . Il eut même la courtoisie de nous servir de guide!
- Pour info : Aurélie Picard, la Bordelaise avait épousé
un prince Tidjani, de la confrérie des Tidjani, une confrérie
actuellement encore puissante dans le monde.
Nous avons été reçus par cette confrérie des
Tidjani à AIN MADHI (près de LAGOUAT). Après nous
avoir régalés d’un thé, à notre arrivée,
ils nous invitèrent à visiter l’ancienne mosquée,
puis un repas raffiné ,nous fut servi dans un délicieux
jardin arabo- andalou . Quel souvenir incroyable que cet accueil du chef
des Tidjani et de son fils, ils nous reçurent avec les honneurs
princiers . Pour eux, le fait de donner un peu de son temps et de faire
un tel périple justifient ce protocole!!! (nda :Je ne sais pas
si en France, nous sommes capables d’un tel accueil ?) . Joël,
François, Jean Réveillon ont bien tenu leur rôle.
Lors
du 1er bivouac, près d’Ain Madhi, les gendarmes sont venus
nous voir pour nous demander de partir et d’aller dormir en ville.
Après négociations ,François obtint que nous restions
dans ce décor de palmiers et de vieille" architecture française",
et, si nous fûmes obligés d’accepter la présence
des deux sentinelles, ce ne fut nullement une contrainte grâce à
la sympathie de ces garçons.
D’ailleurs, ils nous enseignèrent l’histoire de l’oasis.
Quelle ne fut pas notre surprise, de découvrir que nous étions
précisément dans l’ancienne oasis de l’héroïne
de Frison Roche.
Et c’est comme çà , que, rêveurs, dès
le lendemain, Jean Bessac et François furent Premiers de Cordée
sur les traces de la belle Aurélie Picard.
TINDOUF en Algérie : un de nos membres de Corrèze
(le village) dans la Corrèze (le département), Raymond BOIRAUD,
notre ami et Shibani du groupe, a monté ce projet qui lui tenait
à cœur depuis longtemps et contacté le Secours Populaire
de la Corrèze(les deux). François a mis en place un partenariat
avec Mme VILLEMONT Régine de l’Association AARASD de la Sarthe
qui a œuvré avec le Secours Populaire pour récolter
tous les colis destinés aux petites classes d’Haouza ainsi
que des vêtements.
Hélas, l’armée nous stoppa bien avant TINDOUF ,et
il s’en eu fallut de peu que le projet humanitaire soit arrêté;
Mais la volonté farouche de Raymond, fort du soutien de tout le
groupe, nous permit de remettre toutes les marchandises à BECHAR
dans les locaux du Croissant Rouge. Sous le contrôle de leur Président
(très efficace) et du chef du Bureau Polisario de Béchar
nous avons pu remettre deux tonnes de dons.
Pour l’anecdote, sachez que les « secrétaires infirmières
bénévoles » (3casquettes !) me firent visiter la crèche
crée pour aider les femmes qui travaillent , et ce fut encore une
leçon d’humilité de voir ces jeunes femmes travailler
gratuitement et à temps complet pour aider d’autres femmes…
jusqu’à qu’elles se marient et passent le relais !
Seuls Raymond Boiraud, Jean Bessac , François et moi-même,
avons pu terminer cette mission. Le reste du groupe nous attendait à
TAGHIT.
NOTES sur l’ALGERIE
A
partir du 2e bivouac, La traversée de l’Algérie a
du se faire sous escorte militaire. D’abord nous étions un
convoi humanitaire, et puis il y eut des évènements à
Biskra ( plusieurs militaires tués) d'où grande prudence
de la gendarmerie algérienne. Malgré cela, ces gendarmes
se sont forts bien comportés et même dans le sud à
Bordj Moktar, une résidence et le repas du soir nous furent offerts.
Beaucoup de courtoisie de la part des gendarmes tout au long du périple.
Dommage que nous n’ayons pas eu connaissance de suite, des évènements
de BISKRA et que nous nous trouvions obligés de voyager sous escorte
; d’autant plus que le Consulat de Toulouse nous avait affirmé
que nous voyagerions en toute liberté. Nous avons compris leur
démarche un peu tard . Ce procédé a été
appliqué de la même façon pour un autre convoi de
matériel médical destiné pour le Mali, projet monté
par notre ami Jacques de Thonon –les- Bains, qui empruntait un autre
parcours. François et lui se tenaient au courant de l’avancement
des convois! Tout s’est bien passé. La traversée du
mythique Tanezrouft se passa comme un rêve.!
Nous avons fait du tourisme faute de pouvoir faire du hors piste dans
l’Erg Chech ! Lorsque nous partons en raid humanitaire, et c’est
même vrai pour n’importe quel voyage, nous devenons tributaires
de la politique du pays et nous devons en accepter les règles.
Dans cette aventure, les évènements locaux , nous ont obligés
a renoncer au programme "hors piste"aussi nous fallut-il prendre
avec philosophie les changements de cap et les modifications du programme.
L’Algérie est un très beau pays qui avance économiquement
et nous appelle à y revenir, tant l’accueil est chaleureux
et rassurant ne parlons pas de ses paysages !
ETAPE II : MALI
Rencontre avec Badi, notre guide ! Un magnifique touareg (yeux de braise,
mesdames !) nous a servi de guide dans l’ARDRAR des IFORHAS. Nous
avons passé 4 jours avec lui , ce fut à la fois simple et
instructif. C’est un homme plein de vie et surtout de compassion
pour son peuple. Il a monté un hôpital en plein désert
afin d’aider les touaregs assez isolés
Bien
sûr, d’autres organisations comme celle de jacques l’aident
par des dons et peut être mettrons-nous en place un projet d’aide
humanitaire, l’an prochain, avec l’aide de Christian, le toubib?
Toubib, vous avez dit toubib ? Toubib, Raymond en eu bien besoin sur la
piste , pour être tombé sérieusement malade. Mais
grâce aux compétences de Christian Belogradoff le sorcier
,notre Shibani s’en est bien sorti ,la Corrèze peut respirer
!
Christian, et Lisa son épouse, nous accompagnèrent une bonne
partie du chemin Malien. Monsieur le Professeur, comme nous l’appelions,
fut très sollicité au cour du voyage et il n’arrêta
pas de soigner, partout où nous passions. Eh oui, c’est ça
les vacances Christian ! il ne faut jamais se balader avec son stéthoscope
en Afrique quand on veut du repos!!!
Christian et Lisa resteront ensuite plus longtemps pour visiter la région,
aussi, pour surveiller la guérison de notre Shibani, Jean Réveillon
prit le relais comme sorcier !.
GAO
1. 2 machines à coudre pour l’Association des Femmes de chez
Awa. Elles essaient de s’en sortir, mais c’est un vaste projet
car trop de …souteneurs et d’inactifs rôdent autour
de cette auberge !
2. Des livres et des cahiers pour le collège de SOSSOKOÏRA
2ème cycle. Un chaleureux accueil de la part de M. le Directeur
Aliou Arboncana MAÏGA et de ses 380 élèves. Ce sont
les élèves du Collège Honoré BALZAC d’Albi
qui ont participé à cette collecte. Projet monté
par Josette MARIES, notre dynamique et pétillante institutrice
à la retraite et qui se donne à fond dans tous les projets
MALI.
ECHAGG au Mali : livraison de vêtements chez Ahmed
le Président de l’Association Taflist, nous avons crée
un partenariat avec eux puisque l’an passé nous les avons
aidés pour la création d’un cheptel (200 têtes
d’ovins). Ahmed n’était pas là, mais nous avons
vu sa famille et passé une soirée avec MOUSSA, son frère
qui est très préoccupé par le sort des touaregs.
Les touaregs de cette région de GAO sont hélas victimes
du racket malien!
ECHAGG
et son école : Nous avons remis du matériel scolaire
collecté par des membres de notre Association surtout Josette (ancienne
institutrice) et Gilles et Gipsy Coural qui ont même fait plastifier
2 énormes cartes géographiques pour la petite classe d’Echagg.
Le Directeur a été heureux de recevoir enfin du matériel
scolaire et des cartes pour mieux instruire ses élèves!
GOSSI : Au dispensaire de chez Sœur Anne-Marie ,
nous avons livré tout le matériel que Régine GRAULHEROT,
Présidente de l’Association de Sœur Anne Marie SALOMON
(O.D.S.A.M.S) nous avait confié et que nous avons acheminé
avec beaucoup de plaisir, en y ajoutant nos propres " récoltes
" de médicaments. Sœur Anne-Marie est une véritable
tornade de travail et pourtant , elle prend le temps d’accueillir
tous les gens de passage comme nous. Un exemple pour la Tabasky (fête
du mouton ) le 21 janvier 2005, nous nous sommes retrouvés 20 personnes
à sa table. Henriette, une amie de sœur Anne-Marie ( de passage
pour 8 jours ) nous a concocté des
gigots aux petits oignons ! Chez sœur Anne-Marie, tout le monde met
la main à la patte !Ce jour là, ses employés et des
malades reconnaissants, lui ont offert des morceaux de mouton .C’est
la tradition. A noter que les hommes et les femmes mettent leurs plus
belles parures pour cette fête qui dure 3 jours. Les toilettes sont
magnifiques surtout celles des femmes. Seul problème , si vous
voyagez pendant ces dates de janvier faites bien vos provisions avant,
car tous les magasins ferment, et en plus, le 20, c’est la fête
de l’Armée donc vous aurez des difficultés à
vous approvisionner!
DOUENTZA
A Douentza , Jean Bessac, le mécano du Berliet, retrouva sa sœur,
infirmière bénévole à l’hôpital.
Une grande dame avec beaucoup d’amour dans le cœur. Nous lui
avons remis une machine a coudre, pour une association de femmes dont
elle s’occupe, ainsi que des vêtements. Jean fut heureux de
ses retrouvailles
Une fois, nos missions terminées nous primes le temps d’aller
voir les éléphants à GOURMA.. Faire des photos à
15 m d’un pachyderme c’est pas courant ! Comme dans les films
animaliers, nous nous sommes pris pour de véritables naturalistes.
Sur la piste De Gossi à Gourma Rharous nous avons trouvé
la stèle du Dakar commémorant l’accident d’hélicoptère
de Thierry Sabine et de Daniel Balavoine .
Le
camion prit le bac pour la 1ère fois ! Nous naviguâmes sur
le Niger pour rejoindre Tombouctou. Tombouctou, la ville mythique. Un
jeune guide étudiant très fort en histoire nous conta le
passé de cette ville et nous fit découvrir la mosquée,
les portes typiques de Tombouctou . Il nous montra les maisons où
vécurent René Caillé et Barth, deux personnages amoureux
de l’Afrique.
2 kilos (comme disent les africains) après Tombouctou 1ère
panne du camion. Beaucoup de bonne volonté, de la patience et le
savoir faire de tous les hommes du convoi vinrent à bout de ce
problème. Dès le lendemain, nous reprîmes la piste,
de Goudam -Ras el Mâ- Bassikounou, pour rentrer sur NEMA en Mauritanie.
ETAPE III : MAURITANIE
Le
programme "hors piste" OUALATA fut annulé pour cause
de santé du Shibani.
Nous fîmes la route de l’Espoir sans problème. Arrivée
à Nouakchott . Repos dans l’auberge de Kaina, une algérienne.
Marie et Claude ont décidé de rentrer par la nouvelle route
reliant le Maroc. Les 6 derniers membres voulurent tenter de rentrer par
Bir Morgreim ! François l’a fait plusieurs fois, sans problème.
Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre par le Préfet
de Bir Morgreim que le polisario occupait l’ancien fort espagnol
abandonné (dans la partie "no man’s land" sur la
piste du Maroc), depuis peu de temps et qu’il ne laissait passer
personne. Nous avons repris la piste en pleine nuit, après un bon
repas chez monsieur le Préfet . Embarquement des véhicules
sur le train Zouérate-Nouadhibou. Amateurs de sensations fortes
, faites -le !!!
48 heures dans le train le plus lent, le plus lourd, le plus dangereux
de Mauritanie, ne vous laissera pas indifférent !!!
ETAPE IV : MAROC
Arrêt au Ksar de Chebika en dessous de Tan-Tan. Gros problème
mécanique sur le 4x4 de Jean Réveillon et de Joël Sciberras.
Réparation à Tan-Tan chez un mécano Algérien
. Mobilisation du véhicule 1 journée. Retour à Chebika
chez Yvon et Jacqueline leur hospitalité et leurs amis nous firent
oublier les soucis de mécanique surtout à Jean Réveillon.
Le temps était suspendu...
ESPAGNE
Rien de spécial, un petit souci mécanique sur le camion
qui eu la très bonne idée de tomber en panne devant (à
5 km près) un garage Renault avant Saragosse ! Bien joué
le hasard !!! Jean Bessac était impatient de remettre les mains
dans le cambouis !!! Retour
en France et retrouvailles avec le froid !!
Ce raid humanitaro-touristique fut une expérience inoubliable
et à la fois contraignante.
Vivre en groupe est toujours un don de soi, et un enrichissement personnel.
Les motivations de chacun étaient différentes. Certains
voulaient revoir l’Algérie de leur jeunesse d’appelé
ou de naissance, d’autres poursuivaient des chimères littéraires,
d’autres venaient honorer le serment d’hypocrate, d’autres
encore voulaient désensabler l’amour ou réparer le
monde… mais nous saluerons particulièrement la dévotion
presque fanatique de notre président Joël Sciberras pour l’art
culinaire (faut-il manger pour vivre ou …).
Il est un fait que cette aventure marquera de son empreinte nos comportements
individuels.
Nous tenons à saluer nos nouveaux membres comme Jean Bessac qui
partait pour la 1ère fois en Afrique, et qui par ses commentaires,
son enthousiasme (et ses photos) a contribué à nous insuffler
une nouvelle énergie. Yolande Médalle.
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